Alexia Turlin

Alexia Turlin, de l’Art et de l’Atterrissage

«Comme toujours, avec Alexia, cela avait commencé par l’une de ces rencontres dont elle cultive l’art. C’est aussi l’un de ses talents d’artiste-entremetteuse que cette capacité, au fil des choses et des situations anodines, à créer une intelligence rare des rapports humains. Et, mine de rien, avec malice et une innocence un peu retorse, retourner les situiations comme un gant et vous faire parler, vous qui étiez censé l’interroger (sur son travail)».

Jean-Pierre Greff, 2007

Les procédées Turlin

L’art en pente douce: méthode d’immersion. Alexia Turlin s’applique à répondre aux questions de l’art comme d’un geste désinvolte mais précis, elle s’arrche une peau morte à l’index. Soit, à la question de <l’univers>, elle rétorque par la déclinaison d’une ritournelle domestiquée: faites comme chez vous. Si on touche le fond, elle nous emmène à la montagne. Pour garde la forme, elle nous y plonge.

Elle nous plante dans un décor de rêve oû l’on glisse sur des formes souriantes ; du ludique au paradisiaque ou à un exotisme pré mâché, se décline un quête du bonheur par une mise en oeuvre d’un plaisir renouvelable. Le visiteur joue le jeu, se vautrant sur une moquette moelleuse, pour voir. Alexia Turlin renverse volontiers son spectateur en le couchant par terre ou en le jetant dans un pouf - amortisseurs semblant prévenir d’inévitables chutes de visiteur d’exposition. Le confort promis est en sous-tendu par cette attention préventive aux risques encourus, bien plus inquiétants que celui de se prendre les pieds dans la moquette. S’il est un danger auquel s’expose le visiteur, c’est celui de se donner es spectacle.

Sous couvert de faire l’expérience joussive et transgressive de regarder une oeuvre couché par terre en mangeant un hot dog. Alexia Turlin monte de toutes pièces (spectateurs compris) la scène dont elle sera le seul public, et don elle témoignera plus tard dans les multiples récits d’oeuvres qu’elle produit. La situation donnée implique la représentation involontaire du spectateur jouant son propre rôle et rendant publique, aussi bien que collective, l’intimité de son expérience du plaisir esthétique. Le renversement opéré, l’artiste est ses invités goûtent aux bienfaits de l’art sur le moral. (...)

Carla Demierre, 2007