Jean-Louis Perrot

Carnets d’artistes 2019 - Zones artistiques inspirées
Cette année, deux installations, en apparence fort différentes, occupent l’espace de la Bambouseraie. Celle de Jean-Louis Perrot joue franchement avec le vent et les mouvements qu’il occasionne à ses artefacts, tandis que celle d’Odile de Frayssinet se trouve traversée par lui et fonctionne avec le regard et la notion de montré-caché.
Le travail de Jean-Louis Perrot se nomme «Phantasma arundinodae aiolos » (« Roseaux fantasmagoriques éoliens »). Cette dénomination latine nous rappelle la taxonomie botanique dans la grande tradition de la classification des espèces. Nous nous situons dans un espace à la fois naturel et paradoxalement artificiel puisque de longues cannes à pêche peintes se trouvent fixées dans un plan d’eau, mimant les bambous, mais avec la distance nécessaire à leur représentation. Ainsi, les roseaux pensants deviennent des roseaux dansants, acteurs indociles d’un ballet sans cesse recommencé, car leurs sveltes mouvements démarrent immédiatement lorsque souffle le vent. Leur souplesse offre une vision mobile sans cesse recommencée où l’immatériel dessin de leur inclinaison nous fait découvrir un entrelac d’arabesques éphémères, de tournoiements plastiques ou encore de réflexions incarnées. La technique sert ici de support à l’imaginaire tout en nourrissant une pensée ascensionnelle. L’équilibre demeure une notion cardinale chez cet artiste dont le dessein est de parvenir à s’échapper de la pesanteur des corps pour tendre vers l’envol.
Christian Skimao